Petit guide de thérapie à distance

5 conseils pour prendre soin de votre démarche

Alexandra Verreault
Alexandra Verreault

Dans un effort de lutte contre la pandémie de covid-19, beaucoup de psychologues se consacrent désormais à la télépsychologie, et ce, pour une durée indéterminée. Après une myriade de courriels, de réflexions déontologiques et de mises à jour d’applications en tout genre, je vois maintenant, moi aussi, mes clients à partir de la maison. Ce changement a nécessité la mise à profit de toutes mes capacités d’adaptation et j’avoue que je ne l’ai pas fait sans craindre les conséquences que ça pourrait avoir sur mes clients et leur démarche.

Et pourtant, c’est dans le cadre de ma propre thérapie que j’en ai le plus ressenti les effets. Dans mes bottines de psy, c’est plus facile de me sentir solide et d’assumer le cadre que j’impose à mes clients, parce qu’il est cohérent avec mes valeurs et la responsabilité que j’ai envers eux. Mais voir ma psy à distance? Ouf, tout à coup, Zoom ne m’apparaissait plus si incroyable que ça comme solution. Néanmoins, comme mes clients, depuis quelques semaines, j’essaie de m’adapter. Je fais ce que je peux, en alliance avec ma psy, pour préserver cet espace thérapeutique sécurisant dont j’ai tellement besoin. Je ne prétends pas savoir vraiment comment. Comme tout le monde, j’avance un peu à tâtons dans cette situation étrange. Mais j’ai tout de même eu envie de vous partager quelques conseils qui, je l’espère, pourront vous aider à prendre soin de votre démarche thérapeutique dans les circonstances.

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Choisissez un espace désigné pour la thérapie et rendez-le confortable

Le bureau de ma psy n’a presque pas changé depuis que j’y ai mis les pieds pour la première fois. C’est un cocon stable et sécuritaire qui me semble un peu en marge du monde réel. Une bulle dans sa propre zone espace-temps, dans laquelle je peux me déposer complètement et me regarder le dedans. Cette sensation de confidentialité, de sécurité et de stabilité est essentielle à la thérapie. C’est pourquoi, même à distance, il est important de choisir avec soin le lieu de votre séance et de garder toujours le même.

Ce lieu doit d’abord être privé et vous permettre de vous exprimer librement. Ce devra être une pièce avec une porte fermée, une voiture, ou encore un endroit ouvert, mais dans lequel vous êtes vraiment seul. Pas toujours facile en période de confinement. Une discussion avec vos proches sera peut-être nécessaire, afin que vous puissiez trouver une façon de recréer l’aspect sécuritaire et confidentiel du bureau de votre psy.

Votre zone-thérapie doit aussi être confortable et vous donner envie d’y être. Chérissez-la en réquisitionnant quelques objets que vous aimez particulièrement pour les disposer dans votre champ de vision, en vous installant devant une fenêtre qui permettra un peu de contemplation, ou bien en choisissant une chaise spécialement confortable. Surtout, n’oubliez pas les mouchoirs! Et pourquoi pas diffuser quelques huiles essentielles ou garder vos pantoufles pendant la séance?

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Écartez toutes les distractions possibles

Cette séance de thérapie, elle vous appartient et vous est totalement consacrée. Est-ce que j’ai présenté mon chien à ma psy? Certainement! Mais après ce court moment, il n’a plus eu sa place dans mon espace de thérapie, parce que même s’il est sage, il m’aurait dérangée. Les courriels, les textos, les messages en tout genre, les proches, les enfants… n’ont pas leur place non plus. Informez votre famille que pendant une heure, votre espace est intouchable et que vous serez indisponible. Fermez également votre boîte courriel, votre navigateur ou toute autre application qui, sur votre appareil, pourrait vous distraire. Se déconnecter pendant un moment, de toute façon, ça fait toujours du bien, non?

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Maintenez le rituel pré et post séance

Je mets 22 minutes pour me rendre au bureau de ma psy et 22 minutes pour en revenir. Étrangement, ce temps-là, il fait partie de ma démarche. C’est mon moment pour me disposer à ma séance, penser à ce dont je voudrais parler, laisser monter ce qui m’habite… et mon moment pour me remettre de mes émotions, faire le vide et me préparer à continuer ma journée. Je mets 30 secondes pour passer de mon salon à mon espace de thérapie à la maison… Disons que ça n’a pas le même effet.

Est-ce que j’ai envie de dormir une demi-heure de plus le matin, au lieu de la passer à conduire vers le bureau de ma psy? Oui. Est-ce que je l’ai fait? Oh oui. Mais le rituel qui entoure votre thérapie est aussi important que la thérapie elle-même. Et plus vous arriverez à le conserver, plus vos séances à distance seront efficaces. Gardez-vous donc ces moments tampons qui permettent de plonger et d’émerger de manière plus douce. Les sujets qu’on aborde en thérapie sont loin d’être toujours faciles. Ça prend un petit moment pour s’y disposer, et pour s’en remettre. Mon réveil sonne à nouveau 30 minutes plus tôt.

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Communiquez avec votre psy

Je vous confirme que votre psy est aussi en période d’adaptation. C’est un contexte particulier pour vous deux, qui demande beaucoup d’ajustements. Si vous trouvez les séances plus difficiles ou que vous êtes mal à l’aise pour quelque raison que ce soit, dites-le. Si vous avez l’impression qu’elles ne sont plus pareilles, ne vous apportent pas la même chose, que votre psy est difficile à reconnaître, semble parler ou agir différemment… nommez-le. Permettez-vous de vivre ce que ça vous fait vivre d’être à distance. Et communiquez. Votre psy est là pour vous entendre et pour vous aider à bénéficier le plus possible de votre démarche, encore plus dans les circonstances actuelles.

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Acceptez vos réactions et soyez à l’écoute de vos besoins

La période actuelle est complètement inédite. Les choses changent vite, il y a plusieurs variables inconnues et personne n’a de véritable référent pour ce genre de situation. La société réagit, les réseaux sociaux s’enflamment, les opinions déferlent. Dans les circonstances, essayez d’être présents à vous-mêmes et à vos besoins à vous, portez attention à votre propre expérience émotionnelle, et soyez indulgents. Ne vous en faites pas trop si votre thérapie ne vous semble plus aussi nécessaire qu’avant, ou si au contraire, vous sentez le besoin de voir votre psy plus souvent. Chaque personne réagit en fonction de sa situation personnelle, de ses besoins propres, de son unicité. Et c’est très bien comme ça.

Les conseils présentés dans cet article sont inspirés de ceux offerts par Hannah Ewens dans son article Here's Everything I've Learned About Starting Therapy at Home.

Alexandra Verreault

Psychologue, D. Ps.

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